Interviews politiques

Catherine Arenou : « La crise sanitaire a révélé l’importance du rôle de maire »

Catherine Arenou (Divers droite), honore sa mission d’élue de Chanteloup-les-Vignes depuis plus de 10 ans. Médecin généraliste de formation, sa vision de la politique est pragmatique et ne s’embarrasse pas de concepts. Crise sanitaire, jeunesse, police municipale et urbanisme, elle nous livre dans ce qui suit son diagnostic complet pour la ville du film “ La Haine”, emblème de la grande banlieue passée du statut de village à un grand ensemble.

Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes. Crédit : Sofien Murat

L’Agence des quartiers : Lors des dernières élections municipales, l’abstention était de 57,41% au premier tour. Pour rappel, elle était de 44,25% en 2014. Comment l’expliquez-vous, et comment lutter contre cette abstention?

Catherine Arenou : Il faut replacer les élections à Chanteloup-les-Vignes dans un contexte national. Par ailleurs, je vous rappelle qu’en 2014, nous avons eu plus 5 points en nombre de votants. Certes, on partait de bas, mais ce fort taux d’abstention est vrai pour toutes les collectivités territoriales. Il faut également prendre en compte des paramètres tels que les caractéristiques de la population. Je vous rappelle qu’il y a eu par le passé à Chanteloup 80% de logement social, ce type de logement étant en Île-de-France essentiellement habité par des populations migratoires qui n’ont pas le droit de vote. En 2020, il y a eu le confinement, la Covid, pourtant nous avons eu un taux de participation plus élevé que deux villes voisines ‘’bourgeoises’’. Je dirais que ce qui nous a manqué est la participation des votants habituels, qui sont les personnes âgées.

De plus, les ambiances de vote, ça existe. Quand dans des cages d’escalier personne n’a le droit de vote ce n’est pas très favorable à la participation. Ce n’est pas du tout pareil que dans des endroits où tu vas au marché le samedi matin et tu en profites pour demander à ton voisin ‘’Alors est-ce que tu vas voter demain? ». Les ambiances d’intérêt à la chose publique c’est aussi cela. J’ajouterais que quand vous ne connaissez pas la démocratie, parce qu’elle est loin de vous par exemple, vous êtes moins amenés à y prendre part.

A. D. Q. : Justement, est-ce qu’il n’y aurait pas des choses à faire pour rapprocher les populations des outils démocratiques? De l’éducation citoyenne par exemple?

Catherine Arenou : Il y a de l’éducation citoyenne tout le temps chez nous. D’abord chez les enfants, chez les ados… Les habitants des villes comme les nôtres doivent être des habitants participatifs. Et attention, ce n’est pas la démocratie participative ambiance ‘’J’ai 35 mecs pour donner un avis sur les vaccins’’. On mobilise sur des projets, au quotidien.  Je vais vous donner un exemple : les cités éducatives qui sont mises en place depuis janvier 2019 avec une équipe qui nous accompagne. Cela représente une réunion par semaine ou tous les quinze jours qui concerne les parents en premier lieu, mais aussi les autres habitants.

A. D. Q : Qui dit élections municipales dit crise sanitaire. Comment l’avez-vous gérée à Chanteloup?

Catherine Arenou : Le premier confinement a fait suite à un moment assez violent, correspondant au premier tour des élections. Mais c’est dans ce genre de moments qu’on se rend compte que le rôle du maire est très important, si on veut le prendre à bras le corps. Le maire, et son équipe évidemment. Je pense que cela a été extrêmement salutaire pour le regard des habitants sur leurs élus et le regard des élus sur leurs habitants. Ces derniers nous ont vus faire, et de notre côté nous sommes allés dans la profondeur de leurs difficultés individuelles. 

Notre première urgence, absolue, a donc été de lutter contre la pauvreté qui allait arriver.

A. D. Q : Est-ce qu’on pouvait s’attendre à une crise sociale ici, étant donné le type d’habitants à Chanteloup?

Catherine Arenou : C’était plutôt facile à prévoir oui. Il suffit de connaître, je donne un exemple, le nombre de familles qui mettent leurs enfants à la cantine, et de comparer les prix avec ce que ça leur coûte de faire à manger tous les jours à la maison pour cinq enfants. De plus, on ne savait pas ce qu’allait donner le chômage partiel chez nous, dans un contexte où les gens ici n’ont pas forcément un salaire classique. Ce sont de petits salaires en règle générale, complétés ou doublés de petits boulots qui leur font tenir la tête hors de l’eau, sans demander grand-chose de plus, ou très peu. 

Tout le monde disait ‘’c’est bon les salaires vont être versés’’. Tout d’abord, c’est faux, ou pas dans leur totalité, mais surtout, on oubliait de se poser la question de l’augmentation des dépenses liées au confinement. Quand vous avez les enfants à la maison toute la journée, l’électricité qui marche toute la journée… Ça donne des augmentations de charges.

On ne pouvait donc que se demander : mais que faire quand tout ça va exploser? Notre première urgence, absolue, a donc été de lutter contre la pauvreté qui allait arriver. 

A. D. Q : Quels moyens avez-vous mis en œuvre à votre niveau?

Catherine Arenou : Sur un territoire comme le nôtre, on s’appuie sur les associations caritatives. Les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire… On les finance et on les aide. Ça c’est pour le cadre normal, mais là, pendant le confinement on a dû affronter un problème nouveau : c’est que les bénévoles qui adhèrent à ces associations étaient pile dans les populations à risque… Parce que ce sont souvent des retraités. Comme on ne pouvait pas faire avec eux, on s’est dit qu’on allait faire pour eux. Nous avons donc mobilisé une ‘’armée citoyenne’’, ou appelez cela comme vous voudrez, laquelle est composée d’élus, puisqu’ils l’ont aussi été pour cela. La plupart sont plutôt jeunes en plus. 

Nous nous sommes très vite organisés, avec des listings des personnes qui nécessitaient notre aide, listings qu’on augmentait tous les deux jours. Ça, je vais vous dire, c’est de la logistique ambiance armée. Mais c’est celle qui est efficace au départ. D’ailleurs c’était plutôt sympathique parce qu’on avait l’impression de servir à quelque chose, et parce qu’on voyait les gens et qu’on pouvait ainsi faire remonter les informations. 

La première urgence à laquelle on a dû répondre était donc alimentaire, ensuite ça a été l’isolement, des seniors notamment. Cela représentait une liste de 600 personnes environ. Je me souviens que j’ai passé une soirée à faire un quadrillage, où on trouvait des personnes, en règle générale, des élus, qui avaient l’obligation d’appeler les habitants pour connaître leurs besoins. 

600 personnes, c’est du boulot, mais c’est jouable. Je complète en disant que nous avons extrêmement bien travaillé avec les enseignants, notamment ceux de nos deux collèges qui ont été extrêmement mobilisés… Pour pallier une autre urgence qui était, celle-ci éducative. L’école à la maison c’est bien, mais quand les enfants n’ont pas tous un portable, un ordinateur ou une  box internet, on fait comment? Dans les trois-quatre premiers jours, avant qu’on arrive aux vacances, les enseignants nous ont confié la liste des parents qu’ils n’arrivaient pas à joindre. De notre côté, on a une série de médiateurs à qui ont a confié ces informations et qui sont allés chez les personnes concernées pour leur poser des questions. Qu’est-ce qui manque? Quelles sont vos difficultés? 

Il faut savoir qu’à Chanteloup-les-Vignes, sur les deux collèges, il n’y a qu’une seule famille que nous n’avons pas réussi à contacter. Avec 10 000 habitants c’est plus facile, c’est sûr. 

On a joué le rôle qui est aussi le nôtre : dire à notre gouvernement qu’il patauge.

A. D. Q : Comment êtes-vous arrivée à interpeller l’Etat dans une lettre ouverte? Le manque de moyens était-il finalement insurmontable?

Catherine Arenou : Il se trouve que je fais partie d’une association d’élus de banlieue ( vice-présidente, NDLR). Une fois par semaine on communiquait pour partager des solutions à des problèmes qu’on rencontrait. L’intelligence collective fonctionne très bien pour nous et depuis longtemps parce que les groupes isolés ne peuvent rien faire. Parfois, c’était pour répondre à des questions très simples. Par exemple : comment on enterre nos morts pendant la Covid, sachant qu’on a une population musulmane importante qui a l’habitude de rapatrier les corps dans le pays d’origine, et que là ce n’était plus possible? Nous, en tant qu’administration, on avait à faciliter ce qui pouvait l’être. La douleur était déjà assez importante. 

On a communiqué entre élus parce qu’on avait besoin de connaître toutes les difficultés à venir et ensuite on a joué le rôle qui est aussi le nôtre : dire à notre gouvernement qu’il patauge. Nous avons donc fait remonter nos difficultés à notre ministre de l’époque Julien Denormandie qui a organisé plusieurs visioconférences par semaine. Petit à petit, nous lui avons communiqué nos besoins. Et ça a porté ses fruits, puisque nous sommes à l’origine de ce qu’on appelle les vacances apprenantes. 

Nous avons travaillé avec l’État pour lui dire  : voilà notre territoire,  voilà ses besoins spécifiques et voilà comment vous, politique de la ville, vous pouvez essayer de travailler sur cette grande pauvreté, car ce qui caractérise nos villes de banlieues, c’est qu’il y a plus de personnes précaires qu’ailleurs.

A. D. Q : Qu’est-ce qui n’allait pas dans le plan de relance du gouvernement?

Catherine Arenou : Le problème avec ce plan de relance est qu’il a été écrit par des intellectuels qui n’ont pas les pieds sur terre. La théorie du ruissellement selon laquelle, en donnant aux riches cela va se répercuter ailleurs, est fausse. Ce que je reproche à ce plan de relance est qu’il n’est pas ciblé, et comme il n’est pas ciblé, je devine qu’il ne sera pas utilisé dans sa totalité. Il y aura plus d’effet d’annonce que d’effet d’utilisation. 

Si vous voulez que la France reprenne, si vous voulez qu’un plan de relance marche, il faut le cibler sur ceux qui ont été le plus marqués par la crise (…)

A. D. Q : Un milliard pour les quartiers, ça semble largement insuffisant en plus…

Catherine Arenou : Je vous l’accorde. Quand on a demandé ce milliard on a eu le sentiment qu’on était petits bras, mais qu’il fallait l’être. À la limite, si on avait demandé 10 milliards, on aurait pas du tout été écoutés. Quelque fois il faut savoir être pragmatiques et efficaces. La preuve : le Premier ministre a tout de suite dit oui. Il a dit oui, tout en nous expliquant ‘’en même temps’’ que nous l’avions déjà, ce milliard. Mais si vous voulez que la France reprenne, si vous voulez qu’un plan de relance marche, il faut le cibler sur ceux qui ont été le plus marqués par la crise, par sur ceux pour qui ça aura été juste une année un peu plus compliquée que les autres. 

A. D. Q : Pour revenir à ce que vous aviez dit plus tôt… Un de vos collègues, Monsieur Péricard (maire de Saint-Germain-en-Laye) dit observer une déliquescence de l’État Providence. Partagez-vous ce constat ?

Catherine Arenou : Pour ma part je n’ai jamais vu l’État Providence! En ce qui concerne nos collectivités, l’État est à l’origine de tous nos maux. Et ça fait quarante ans qu’il rame pour essayer de rattraper le mal de départ. Je rappelle que nos villes de banlieue ont été construites par la volonté de l’État, pour des besoins qui étaient nécessaires à l’époque, mais qui nous ont mis dans la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Le petit village de 3000 habitants qui faisait de la vigne et du maraîchage n’a jamais demandé à recevoir 80% de logement social. 

Et pour revenir à votre question, avec la crise, on a pu observer l’inefficacité de notre gouvernement. On a beaucoup travaillé sur la communication, envoyer des messages simples et de bon sens, pour dire ‘’Voilà ce qu’on vit, voilà la réalité’’. Par contre, quand l’État local est intelligent, il est celui qui est en aide. C’est pour cela que nous sommes nombreux à demander la déconcentration sur l’État local. 

A. D. Q : Au niveau des régions?

Catherine Arenou : Au niveau des départements. C’est le préfet de département qui a la connaissance de son territoire et qui est en capacité d’accepter des nuances dans les organisations de territoire. Il doit avoir l’intelligence de l’adaptation de ce qui est décidé au niveau national. Saint Germain-en-Laye ne s’organise pas pour les mêmes besoins que Chanteloup-les-Vignes.

A. D. Q : Que répondez-vous aux gens qui disent que certains maires entretiennent une misère sociale à des fins électorales?

Catherine Arenou : Les maires, comme la majorité des Français et des humains, sur tous les sujets : vous en avez 80% de bons, et 20% de pourris. Et il est hors de question de regarder ces 20% comme étant la norme. Ce qu’il faut regarder, ce sont les 80% restants qui font leur travail correctement, et dans de grandes difficultés, car ce rôle est loin être un long fleuve tranquille. Il faut avoir la vocation bien chevillée au corps, parce qu’il faut dire qu’on serait mieux chez soi, avec son égoïsme bien organisé. Ce qui nous guide c’est une philosophie d’équité. Une équité territoriale. Il n’y a pas de raisons pour que nos populations aient moins qu’ailleurs. Être maire en banlieue, c’est plus difficile, et c’est aussi plus risqué. Maintenant on commence à en parler dans les médias, mais nous on en bave depuis dix ans.

Catherine Arenou (à gauche), maire de Chanteloup-les-Vignes. Crédit : Sofien Murat

A. D.Q : Suite à l’incendie du chapiteau, un reportage de l’Écho des banlieue est venu porter la parole d’habitants de Chanteloup-le-Vignes qui parlaient d’une jeunesse moins aidée, moins soutenue, avec moins de possibilités apportées par les pouvoirs publics qu’il y a 20 ans. Qu’en pensez-vous?

Catherine Arenou : Dans l’ambiance, c’était mieux avant, je vous présente… Sujet suivant.  Si vous voulez comparer les choses, on compare. Si vous me dites qu’il y a 20 ans, les jeunes avaient tant et tant d’aide et que ce n’est plus cas maintenant, je veux bien dire que j’ai mal fait mon travail. On compare des données, on ne compare pas des ressentis. 

On nous rabâche sans arrêt que nous ne faisons plus rien pour les jeunes, alors qu’il suffit de voir cet été, le nombre de sorties et de possibilités qui leur on été offertes. On a mis en place les quartiers d’été du département, et je vais vous dire à quoi ça correspond en chiffres : au niveau des Yvelines, l’État a mis 2,2 millions d’euros sur les quartiers d’été. Le département a mis, sur les mêmes populations et les mêmes quartiers, 2,5 millions d’euros. 

A. D. Q : Comment expliquez-vous que des jeunes habitants aient brûlé un équipement culturel en novembre 2019?

Catherine Arenou : Il se trouve qu’il y a une compétence que je n’ai pas, c’est que je ne suis pas délinquante. 

A. D. Q : Ce serait donc de la délinquance pure, et il n’y aurait pas d’explications sociales derrière tout cela?

Catherine Arenou : Ce n’est pas moi qui suis la plus amène de vous expliquer comment des jeunes (qui n’étaient pas des jeunes d’ailleurs) ont brûlé un équipement culturel qu’utilisaient leurs frères et sœurs. Je suis incompétente pour expliquer la bêtise. 

(À propos de Samuel Paty) C’était d’abord une histoire locale. Nous en avons parlé avec mes collègues. Évidemment, quand on fait le diagnostic après coup, vous vous apercevez que tous les ingrédients sont là.

A. D. Q : J’ai vu que vous étiez conseillère départementale à Conflans-Saint-Honorine. Comment avez-vous vécu, en tant qu’élue l’assassinat de Samuel Paty ? Quelle réponse politique y apporter?

Catherine Arenou : Très douloureusement, d’autant plus que je n’ai pas découvert Samuel Paty le jour de son assassinat. Je connaissais l’histoire depuis dix jours, car c’était d’abord une histoire locale. Nous en avons parlé avec mes collègues. Évidemment, quand on fait le diagnostic après coup, vous vous apercevez que tous les ingrédients sont là. Mais quand vous le vivez en temps réel, vous ne pouvez pas imaginer qu’au bout du bout il va y avoir un drame. J’avais été interpellée au départ par la vidéo du père qui est actuellement en détention préventive. Par rapport à ce document, j’ai dû aller chercher les bonnes informations, parce que j’avais eu à calmer ici une population qui partait dans tous les sens. Quand vous ne voyez le sujet que par le petit bout de la lorgnette, vous pouvez tout imaginer, tout contester.

A. D. Q : Vous avez donc fait un travail de communication à ce moment. 

Catherine Arenou : Oui, pas pour éviter quoique ce soit mais pour remettre les pendules à l’heure. D’abord il faut savoir que le témoignage sur le cours est parti d’une élève qui n’était pas dans la classe ce jour-là. Quand vous savez ça, vous commencez à relativiser. Ensuite vous précisez que l’enseignant en question n’a pas réinventé la poudre mais ne fait que suivre le programme. À ce stade là, je me suis dit  »une connerie de plus’’, sauf que je sentais que l’ambiance était un peu délétère. 

Pourtant le contexte en lui-même n’était pas à risque, puisque c’était dans un collège somme toute assez classique, pas en REP, dans une zone pavillonnaire. Conflans est une ville tranquille. On y croit d’autant moins. Ça veut bien dire qu’il faut craindre partout.

Il y a  de la  délinquance en matière de stationnement, de dépôts sauvages, etc. Ce n’est pas le rôle de la Police municipale de charger lors d’émeutes. 

A.D.Q : Pierre Cardo, ex maire de la ville  (UMP), dit regretter la disparition d’une Police de proximité (sous Sarkozy), et se méfier de l’armement de la Police municipale. Quelle est votre position? 

Catherine Arenou : Je pense que la Police de proximité n’est plus possible car c’est du passé, les temps ont changé, la société a changé. Que fait-on alors ? Les relations police-population sont compliquées, c’est une violence banalisée. Les relations d’autorité familiale ont également changé. Les populations sont davantage mélangées, avec de nouvelles cultures.

La médiation, ce n’est plus le travail de la police, c’est un métier à part entière.

La police municipale, ce n’est pas la police nationale, ce sont des entités différentes mais complémentaires. Donc, pour vous répondre, la Police municipale ne doit pas être armée. Il y a  de la  délinquance en matière de stationnement, de dépôts sauvages, etc. Ce n’est pas le rôle de la police municipale de charger lors d’émeutes. 

La vérité, c’est que quand on arme les policiers municipaux, on favorise le recul de la nationale dans les quartiers. Finalement, en élargissant les compétences de la municipale, on affaiblit l’équité territoriale.

Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes. Crédit : Sofien Murat

A. D. Q. : Le taux de logements sociaux est de 42%, quelle est votre politique en la matière ?

42%, c’est beaucoup en effet, mon objectif est de sortir de la politique de la ville et de ne plus être sous perfusion de l’État. Ce n’est pas une solution en soi, il faut avoir des moyens propres pour pouvoir porter des projets. Des villes comme Saint-Germain-en-Laye utilisent leur propre fiscalité. Mon but est de ne plus dépendre de ces aides de l’État. Si on veut être équitable, il ne faut pas porter toute la solidarité nationale. Fut un temps  on était à 82 %, et c’est beaucoup trop. Ma vocation est donc de sortir de la politique de la ville, équilibrer le territoire, et trouver les moyens d’accompagner les habitants dans un parcours résidentiel.

Le but n’est pas de baisser le taux de logements sociaux pour baisser… Mais plutôt de donner les moyens aux habitants qui le peuvent et le veulent d’accéder à de la propriété de qualité et sécurisée. Il faut mélanger les esprits, il faut de la mixité sociale. Notre schéma est un couple avec un ou deux enfants, les deux parents qui travaillent et qui veulent devenir propriétaires. Il faut qu’ils aient accès ici à du logement intermédiaire. Cela implique donc d’en construire. Je reconnais que notre territoire est fragile, ici à Chanteloup : c’est plus compliqué qu’en petite couronne. Il faut faire avec les inconvénients du territoire, notamment en termes de transports et de commerces, mais les choses s’améliorent.

A. D. Q : La question du logement est fondamentale pour vous ?

Si l’État avait joué son rôle, on aurait réglé beaucoup de choses! Heureusement, le vent tourne. Le seul avantage d’être maire en politique de la ville est d’oser, cela permet à nos habitants d’entreprendre. Nous sommes un bocal d’expérimentation, c’est une véritable chance, nous sommes des maires libres par rapport à d’autres, il y a un côté plus aventurier, c’est ce qui me motive dans ma fonction de maire : pouvoir oser et proposer des choses différentes.

Propos recueillis par Sofien Murat et Alix Rampazzo

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